L’Autriche est un État démocratique respectant pour l’essentiel les libertés publiques. La seule ombre au tableau concerne son attitude à l’égard des étrangers résidant sur son territoire.
On peut déplorer la monté d’un discours xénophobe, toujours latent en Autriche, que le FPÖ a largement contribué à « légitimer ». Par sa campagne d’affichage, lors législative d’octobre 1999, ce parti invitait à faire cesser « l’afflux d’étranger et les abus du système d’asile ». Alors que les frontières de l’Autriche sont verrouillées depuis le début des années 1990, Jörg Haider, chef du FPÖ évoque régulièrement le problème d’une prétendue « l’invasion des étrangers » (Überfremdung), demandant à ses concitoyens d’y faire barrage.
Amnesty International dénonce les mauvais traitements infligés par des policiers à des détenus d’origine étrangère. Le 1er mai 1999, un citoyen nigérian, Marcus Omofuma, est mort lors de son renvoi de Vienne vers le Nigeria. Il serait mort asphyxié à bord de l’avion alors qu’il avait été bâillonné et ligoté par trois policiers autrichiens. À la suite de ce drame, les autorités autrichiennes ont créé un Comité consultatif des droits humains, constitué de représentant du gouvernement et d’ONG.
On peut aussi signaler les discriminations en matière de droits dont font l’objet les étrangers en Autriche, notamment pour de logement social. Jusqu'en 2001, la municipalité (socialiste) de Vienne les exclut totalement. D'autres municipalités n'ont pas encore modifié leur politique. La communauté noire pourtant très réduite (environ 7 000 personnes) est particulièrement touchée par les pratiques discriminatoires de l’administration autrichienne.
La loi autrichienne - cas unique dans l'Union européenne - aux ressortissants non communautaires le de se faire élire à des postes de représentants du personnel dans les entreprises. L'Organisation internationale du travail et le Conseil de l'Europe ont déjà exhorté l'Autriche à abolir une loi qu'ils
jugent xénophobe. En juillet 2002, le Haut Commissariat aux droits de l'homme, organe des Nations unies, considère qu'il s'agit d'une discrimination et que la justice autrichienne s'est mise « en infraction avec l'article 28 » de la charte du Haut Commissariat que l'Autriche a ratifié en 1978.
La peine de mort a été abolie.