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2004 : une année plutôt calme, par Jacques Mer

À l’inverse de l’année précédente, marquée par des élections législatives, un changement de majorité gouvernementale et la succession de deux cabinets tripartites Centre-Sociaux Démocrates-Parti Suédois, donc relativement « mouvementée », 2004 s’est révélée sur le plan politique intérieur un exercice calme et apaisé.

Le rôle du Chef de l’État

2004 correspondait à la cinquième année de mandat pour la Présidente Tarja Halonen, et en opposition aux années 2000-2002, où l’intéressée, malgré la mise en place d'une nouvelle Constitution rognant ses pouvoirs, avait manifesté sa volonté d'exercer pleinement et scrupuleusement ses prérogatives, la Présidente a poursuivi l’évolution constatée dans sa pratique en 2003, surtout en matière de politique intérieure. Là, elle a adopté un profil nettement « bas » et consensuel et s’est contentée de mettre l'accent sur les plus « rassembleurs » parmi ses thèmes favoris de toujours : maintien de l'Etat Providence, accent mis sur l’éducation, la formation et la recherche (les meilleurs « atouts » du pays face à la globalisation), condamnation de la violence et de l'intolérance, défense des droits des défavorisés et de la diversité culturelle.

Dans le domaine de la politique étrangère, l’intéressée a continué à jouer un rôle non négligeable. Elle a poursuivi sa politique de déplacements à l’étranger (dont des voyages lointains en Amérique Centrale ou au Japon), accompagnée le plus souvent par des hommes d’affaires finlandais. Elle a assisté à certains sommets européens (mais pas à tous), avec le Premier ministre qui a, sur les sujets en discussion, présenté en détail et défendu les positions de la Finlande. Mais c’est surtout à propos de la sécurité et de la défense qu'elle a tenu à affirmer sa présence, évoquant par exemple la question de l’élimination des mines anti-personnel. Surtout elle estime comme par le passé que la politique de non-appartenance à une alliance militaire demeure toujours de circonstance et que rien, dans les circonstances actuelles, ne justifie une adhésion à l'OTAN, mais on a noté dans ses formulations plus de « souplesse » : en cas de nécessité pressante, l’option OTAN reste ouverte; l’OTAN n’est plus ce qu’elle était au temps de la guerre froide, et est amenée à multiplier ses liens avec l’Union européenne. De telles affirmations la rapprochent en partie des positions du ministre des Affaires étrangères E. Tuomioja (avec qui elle partage la défense du multilatéralisme et du rôle primordial de l’ONU et une vue critique des effets contrastés de la mondialisation) et, dans une moindre mesure, du Premier ministre Matti Vanhanen : surtout, ce dernier, à l’opposé de son prédécesseur P. Lipponen, n’est pas crédité face au chef de l’État d’une autorité et d’une expérience approfondies sur le terrain de la politique internationale et européenne.

Par ailleurs, en tant que co-présidente de la commission sur la dimension sociale de la globalisation, mise en place par l’Organisation Internationale du Travail, elle est à l’origine d’un rapport sur les avantages et inconvénients de ce phénomène et les moyens de le rendre plus équitable (rapport repris à son compte par l’Assemblée générale des Nations Unies fin 2004). Aussi a-t-elle repris, à l’occasion, dans des propos à l’intention de ses compatriotes, diverses « pistes » et suggestions dudit rapport. Et des critiques acerbes se sont exprimées à droite, lorsqu’elle s’est déclarée, en fin d’année, favorable à un débat international sur le principe d’une taxe particulière (du type taxe Tobin) pour accroître le financement du développement. Il en a été de même quand elle a affirmé que le président devait avoir le dernier mot en matière de participation du pays aux groupements tactiques européens : pour les Conservateurs et certains experts, ces « groupes » (qui inspirent des réactions de prudence sinon de méfiance à Mme Halonen), appartenant à la politique de défense « européenne », sont, comme tout ce qui concerne l’UE, de la compétence du gouvernement, et d’abord du Premier ministre.

Les sondages effectués tout au long de l'année ont montré que Tarja Hanonen jouissait d'une popularité immense. En juin, on la créditait d’une élection facile au premier tour dans la perspective -encore lointaine, il est vrai- du futur scrutin de 2006. À la fin de l’année, toutefois, un tel résultat paraissait moins assuré, et le « score » s’établissait autour de 50 %, compte tenu des progrès accomplis dans l’opinion par la personnalité de Matti Vanhanen, éventuel concurrent. Toutefois, la " sortante " l’emporterait aisément au second tour, en raison de son charisme.

Cela, selon certains analystes, devrait, si elle était en 2006 à nouveau candidate, faciliter la réélection de Tarja Hanonen, encore que, alors, dans une élection très « politique » et compte tenu du rôle des partis, les clivages politiques et les oppositions partisanes réapparaîtraient certainement au détriment du quasi-unanimisme l’auréolant présentement (certains hommes politiques du Parti Conservateur ou quelques cercles patronaux étant les seuls à la juger parfois avec une sévérité non dissimulée, notamment pour ses prises de position répétées en faveur de l’aide aux pays pauvres ou ses mises en garde face à diverses conséquences « perverses » de la globalisation).

On a espéré tout au long de l’année 2004 qu’elle ferait assez rapidement connaître ses intentions quant au prochain scrutin présidentiel. Il n’en était rien à la fin-janvier 2005. Hésitations de sa part (certains lui prêtaient, avec peu de vraisemblance, des ambitions internationales, voire onusiennes) ? Ou simple tactique. Il est sûr que chaque grand parti aura un candidat. Le Premier Ministre représentera certainement le Centre (il est le seul à avoir la « carrure » nécessaire) : mais peut-être ne souhaite pas se trouver dans une situation qui le mettrait prématurément face à face avec Mme Halonen. Une autre inconnue réside dans les intentions de Paavo Lipponen. Après sa défaite de 2003, on estimait qu’en se mettant provisoirement en retrait (comme Président du Parlement) des luttes intérieures, il se réservait pour un « destin européen » (Présidence de la Commission ?). La chance ne lui a pas souri, de ce côté. Les élections au Parlement européen ont donné, dans l’Union, la première place au centre-droit; et par ailleurs le gouvernement finlandais a désigné comme membre de la Commission un « centriste » Oli Rehn, bien introduit à Bruxelles et lié par ailleurs au Premier ministre Vanhanen. S’agissant d’une candidature à la magistrature suprême de son pays, M. Lipponen devrait faire connaître ses intentions en mars 2005, celles-ci dépendant sans doute beaucoup de la décision de la Présidente. Mais les récents sondages montrent que, même si le Président du PSD reste le plus populaire des Sociaux-démocrates après Tarja Halonen, il serait éliminé dès le premier tour par les candidatures de M. Vanhanen et S. Niinistö.

La vie politique et les partis

- Les partis

2004 ne fut pas une année d’activité intense pour les partis, à l’exception peut-être du Parti Conservateur, qui semble depuis l’effacement de S. Niinistö à la recherche d’un dirigeant stimulant et crédible, notamment pour les élections présidentielles. L’échec enregistré aux législatives de 2003 a fait naître dès le début de l’année un vent de fronde à l’égard du président de la formation Ville Itälä, qui , comme les sondages le prouvaient, ne semblait pas « faire le poids » pour tirer un bénéfice de la cure d’opposition dans laquelle son parti est relégué. Après des hésitations, il annonça en mars qu’il abandonnerait son poste lors du prochain Congrès en juin. Parmi les candidats qui se pressèrent pour lui succéder, un jeune parlementaire de 32 ans, Jyrki Katainen, triompha, mais, reprenant la ligne de V. Itälä, ne parut pas à première vue porteur de projets et d’initiatives susceptibles de provoquer un choc favorable aux Conservateurs. Le reste de l’année vit ceux-ci reprendre leurs thèmes favoris, que ce soit en matière économique (moins de fiscalité, actions en faveur des classes moyennes et aisées, etc) et dans le domaine international (choix plus ou moins explicite de l’adhésion à l’OTAN, critiques tous azimuts de la politique européenne jugée « floue » du gouvernement, etc).

Les Congrès des petits partis (Alliance des Gauches, Verts, Parti suédois) n’apportèrent aucun élément nouveau et réélirent leurs présidents respectifs. Seul, le président Bjarne Kallis voulant prendre du champ, le parti chrétien-démocrate, lors d’un congrès extraordinaire en octobre, le remplaça par une parlementaire « modérée », Mme Päivi Räsänen.
Quant aux deux principales formations, associées au sein du gouvernement Vanhanen, elles ont -malgré certaines divergences sur des points de fond (au départ, des zélateurs de P. Lipponen trouvaient le Premier ministre timide sur l’Europe; par la suite la politique fiscale et économique fit surgir des divergences normales, vu les clientèles électorales de chaque parti, etc.), - collaboré dans d’excellentes conditions. Les luttes les ayant opposé bruyamment entre 1995 et 2003, la défaite de Paavo Lipponen en 2003 qui avait débouché sur un conflit âpre et « personnalisé » avec la nouvelle chef du gouvernement Anneli Jäätteenmäki, semblent ressortir d’un lointain passé. Que les blessures se soient si rapidement cicatrisées est évidemment à mettre au crédit des équipes à la tête du PSD et du Centre. Mais il ne faut pas sous-estimer le rôle personnel joué dans cette « réconciliation » par le Premier ministre Matti Vanhanen, qui était sans doute l’« homme de la situation ». D’aucuns le jugeaient un peu « effacé » (à l’inverse de Paavo Lipponen, parfois « cassant ») : c’est sans doute le « revers » du caractère apaisant et consensuel de sa personnalité, à laquelle on rend hommage pour son intégrité, sa simplicité, son acharnement au travail, son aptitude à « écouter » et à dialoguer, et son absence d’aspérités. S’appuyant sur deux ministres sociaux-démocrates expérimentés et « forts », le titulaire des Affaires étrangères E. Tuomioja et celui des Finances, Antti Kalliomäki; jouissant pleinement de la confiance du Centre, il se plongera très vite dans les grands dossiers, et notamment ceux où on lui prêtait le moins d’« expérience » : les relations extérieures, l’Europe et sa future Constitution, la sécurité, les relations avec la Russie.

- Les consultations électorales

L’année 2004 n’a pas connu de « scrutins majeurs « : les élections présidentielles auront lieu en 2006; le Parlement sera renouvelé en 2007. 2005 verra sans doute commencer les « grandes manœuvres » préalables au choix du chef de l’État.
Les deux consultations populaires de 2004 ont été en juin les élections au Parlement européen; en octobre les élections municipales, chacune obéissant à des « logiques » particulières.

- S’agissant des élections européennes, il s’agissait d’abord de relever un défi. Le précédent scrutin -en 2000- avait, en raison d’un taux d’abstention particulièrement élevé, été un des plus mauvais de l’Union, laissant un souvenir amer surtout en Finlande. Même si des explications « honorables » avaient été trouvées (proximité des élections présidentielles; insuffisances dans l’information des citoyens ; choix par les partis de candidats ternes et peu appétissants…), les Finlandais se sentaient quelque peu « coupables », aux yeux des pays partenaires, de leur participation paresseuse. Le taux de participation heureusement se redressa, passant de 31,4 % à 41,1 %; cela dit la campagne fut relativement morne, malgré la candidature de personnalités politiques importantes se retirant de la scène nationale, tels Bjarne Kallis, Ville Itälä et Anneli Jäätteenmäki. La plupart des partis (hors les Verts et l’extrême-gauche) s’abstinrent de prendre nettement position sur des questions intéressant les citoyens et se réfugièrent dans des généralités fastidieuses. Le résultat fut sans surprise, et refléta partiellement le poids des formations sur le plan national. Le Parti Conservateur, toutefois, plus engagé dans le combat européen, et où la place des « classes éduquées » est relativement importante, garda, malgré quelques pertes, la première place de 2000, avec 23,7 % des votes. Le Centre suivait de près avec 23,3 % (en hausse sur 2000). Le PSD en progression nette sur 2000 passa de 17,9 % à 21,1 %.
L’extrême-gauche se maintint autour de 9,1 %. Les Verts en revanche marquèrent un net recul, chutant de 13,4 % à 10,4 %. Les Suédois conservèrent un siège; les Chrétiens-Démocrates, perdirent le leur.

- Les élections municipales (24 octobre) obéissent à leur logique propre : enracinement des candidats, importance des questions de personnes, rôle des questions d’intérêt local dans un pays où la décentralisation est assez poussée. Deux nouvelles tendances apparaissent maintenant : le désintérêt des jeunes (spécialement des 18-25 ans); et la participation accrue des femmes.
Les thèmes les plus populaires, cette année, étaient les soins médicaux, la situation des personnes âgées, et diverses questions environnementales relatives à l’eau. Les Conservateurs, comme d’habitude, mettaient l’accent sur la fiscalité et sa répartition.

Le Parti social-démocrate a gagné les élections et a repris la position de plus grand parti finlandais. Le Parti du centre a perdu un pour cent et est arrivé deuxième. Le Parti conservateur (assez combatif sur les questions sociales face à la gauche) a gagné un pour cent et a gardé sa troisième position.

Résultats :
PSD 24.1 % +1.1 %
P. du Centre 22.8 % - 1.0 %
P. conservateur 21.8 % +1.0 %
All. des gauches 9.6 % - 0.3 %
All. verte 7.4 % - 0.3 %
P. suédois 5.2 % +0.1 %
Dém-chrétiens 4.0 % - 0.3 %
Finl. de base 0.9 % +0.2 %

Le taux de participation a été de 58,6 %, soit 2,9 % de plus qu'en 2000. Aux élections législatives de 2003, ce taux était de 70 %, aux élections européennes de juin dernier de 41 %.
36,3 % des élus, soit 1,9 % de plus par rapport à l'an 2000, sont des femmes.

À Helsinki, la gauche a progressé. Les Conservateurs ont gardé 25 sièges, le PSD en a obtenu 21, en gagnant trois, les Verts en ont perdu quatre (soit 17 au total). L'Alliance des gauches a conquis un siège de plus et passe à 8. Le Parti suédois a gardé ses six élus et le Parti du centre quatre sièges à Helsinki.
Ce scrutin n’aura aucun impact sur la politique nationale, à la fois en raison de ses enjeux et parce que les partis de la majorité gouvernementale n’ont pas connu d’échec à même de les influencer.

L’action gouvernementale

Si, pour certains, le changement de majorité au pouvoir au lendemain du scrutin de mars 2003 risquait d’avoir des conséquences importantes sur la politique gouvernementale, l’année 2004 a apporté un démenti assez net à de telles supputations.

La coalition Centre-PSD a en gros repris les grandes lignes de la politique des coalitions menées naguère par P. Lipponen, l’évolution économique ne lui laissant, il est vrai, que peu de marges de manœuvres. Les priorités restaient les mêmes : amélioration de la situation de l’emploi, le chômage demeurant à un niveau élevé;

mise au point d’un projet de budget d’austérité à faire approuver par le Parlement (ce qu’aucun enjeu électoral immédiat ne venait contrarier) ; et surtout définition des positions finlandaises sur la Constitution européenne, mise au point par les 25, et surtout sur la procédure de ratification.
Dans sa tâche, M. Vanhanen jouira d’un climat détendu. Quelques remous, certes, opposeront, de temps à autre, les syndicats agricoles et son parti (qui détient aussi le portefeuille de l’Agriculture) sur les subventions européennes et nationales à ce secteur, sur leur répartition entre Nord et Sud et sur l’avenir de la profession. Mais cela n’ira pas très loin.

Surtout, l’opposition lui facilitera involontairement le travail : elle manquera d’imagination. Malgré les efforts de « synthèse » et de rajeunissement entrepris par sa Présidente, Mme Siimes, le VAS (Alliance des Gauches) reste divisé entre une extrême-gauche crispée sur des dogmes de l’époque soviétique et des réflexes anti-européens, et des modernistes, plus attentifs à l’évolution de la situation internationale depuis 1990 notamment; et aux transformations permanentes de l’économie finlandaise. Les Verts sont nettement en perte de vitesse et les thèmes écologistes sont maintenant repris par la plupart des partis, y compris par des Conservateurs ouverts. Des rangs Conservateurs, enfin, viennent de nombreuses « paroles » et controverses (ou des motions de censure) qui ne mordent pas sur l’opinion, hors des « convaincus » : regretter la lenteur de la reprise, ou la persistance du chômage, en ne se référant qu’à des recettes libérales trop ciblées en faveur des couches aisées, ne sert pas ce parti, qui manque d’un véritable « chef » depuis le retrait de S. Niinistö. Le nouveau président du Parti (Jyrki Katainen), conscient de certaines insuffisances, a d’ailleurs dit récemment qu’il ne serait pas lui-même candidat aux présidentielles de 2006, laissant ainsi la porte ouverte au Général Hägglund (ancien Chef du Comité militaire européen) ou à S. Niinistö, si ceux-ci se portaient candidats.

Le dossier budgétaire et financier ne créera pas de difficultés majeures au gouvernement, qui, -et le Centre s’y était engagé- ne remettra pas en cause le principe des baisses d’impôt, veillera (le rôle du ministre des Finances sera, là, déterminant) à donner un avantage aux couches les plus modestes, sélectionnera quelques dépenses sociales prioritaires, tout en évitant des déficits insupportables. Malgré l’hostilité de principe du VAS aux baisses d’impôt, et surtout les protestations des Conservateurs qui en font un remède miracle, il privilégiera dans le domaine fiscal ce qui peut favoriser l’emploi, et, à cet effet, fera dépendre certains allègements d’un résultat satisfaisant des négociations salariales de fin d’année, donc de la modération des coûts salariaux, gage de la compétitivité de l’économie (ce résultat étant intervenu fin novembre a été suivi assez vite des cadeaux fiscaux limités envisagés). Le gouvernement a, par ailleurs, confirmé les décisions de 2003 sur une réforme d’ensemble de la fiscalité sur les sociétés, les revenus du capital et la fortune (favorisant les entreprises, dans un but de compétitivité).

Les questions de politique étrangère et de sécurité (voir l’article particulier consacré à ces problèmes) fourniront évidemment matière à polémiques entre majorité et opposition, cette dernière critiquant fréquemment l’absence de politique européenne cohérente du gouvernement et les « contradictions » de la politique de sécurité. Évidemment des nuances se font jour au sein de la majorité quant à des problèmes « techniques » sur la Constitution européenne, les institutions prévues, la politique européenne de défense, etc.; mais dans l’ensemble un consensus existe, même si la direction suivie et la formulation semblent plus souples et subtiles avec M. Vanhanen qu’avec Paavo Lipponen.

De la même façon, ont surgi, comme les années précédentes, les traditionnels débats -où s’affrontent toujours les mêmes personnalités et les experts- sur l’attitude à avoir face à l’OTAN élargie. Les débats en cause, s’ajoutant au fait que les dix nouveaux adhérents de l’UE comportent bon nombre d’« atlantistes », n’apporteront rien de neuf, chacun restant sur ses positions; et la vie parlementaire et politique n’en sera guère affectée. On notera seulement que la forte personnalité de Paavo Lipponen, à plusieurs reprises, est sortie du cadre où pourraient l’enfermer ses fonctions -au-dessus de la mêlée- de Président de l’Assemblée, qu’il a multiplié les prises de position en faveur d’une intégration européenne renforcée, y compris dans le domaine -controversé- de la défense, et souligné les dangers des situations équivoques ou propices à la « marginalisation » (mais qui se couvrent, par exemple, du prétexte du « non-alignement »). Il a évoqué prudemment un resserrement des contacts avec l’OTAN. Les commentateurs ont longtemps expliqué cette attitude par les « ambitions européennes » de l’ex-Premier Ministre, mais celles-ci semblant vouées à l’échec, on peut se demander les raisons de ses prises de position.

L’année 2005 permettra-t-elle au gouvernement de réussir la partie de son programme relative à l’accroissement de l’emploi et du taux d’activité. En 2003, M. Vanhanen s’était donné comme objectifs, pour la fin de la législature (soit 2007) la création de 100 000 emplois nouveaux et un taux d’activité de 75 % (contre 67,3 % en 2003) Force est de constater que c’est le seul domaine important où la coalition au pouvoir ne tiendra sans doute pas ses promesses, et de loin. Un certain scepticisme est de rigueur : mais (voir chapitre : Économie) beaucoup, en ce domaine, dépend plus de la conjoncture internationale que de la volonté des dirigeants.

Notons, pour conclure, qu’un sondage effectué en décembre 2004 a fait état d’une grande popularité du gouvernement dans l’opinion, y compris auprès d’électeurs des partis d’opposition.

Un article de Jacques Mer, écrit pour Info-Finlande et reproduit avec l'aimable autorisation de l'auteur.

 
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