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René Préval a été déclaré vainqueur de l'élection présidentielle en Haïti (16 février 2006).
Né en 1943, René Préval a déjà été président entre février 1996 et février 2001.
Depuis le 29 février 2004, le président provisoire de la République d'Haïti était Boniface Alexandre, ancien président de la Cours de cassation.
Son prédécesseur était Jean-Bertrand Aristide, entré en fonction le 7 février 2001. Il avait été élu en novembre 2000 lors d'un scrutin qualifié de mascarade par ses anciens alliés. Cette consultation marquée par une très faible participation, a été boycottée par l'opposition. Celle-ci considère que l'élection de J.-B. Aristide a été un véritable « coup d'État électoral ». Quant à la communauté internationale, elle a refusé de financer et d'observer cette élection à la suite des irrégularités flagrantes qui avaient marqué les législatives et les municipales de juillet 2000. Les bailleurs de fonds ont suspendu leurs programmes de coopération. Face à une insurrection populaire, et sous la pression des États-Unis et de la France, Aristide démissionne le 29 février 2004 et s'exile d'abord à Bangui, puis en Jamaïque et finalement en Afrique du Sud (juin 2004). Aristide affirme avoir été enlevé et contraint à la démission dans des conditions non conforme à la constitution. Il demande à retourner en Haïti. Le coup d'État qui a renversé Aristide est à l'origine d'une controverse internationale.
Le Caricom (communauté des Caraïbes) qui regroupe quinze États de la région membre également de l'OEA, a qualifé d'« atteinte à l'ordre constitutionnel » le départ précipité d'Aristide et deamnde un enquête, comme le prévoit la charte démocratique interaméricaine. Les États-Unis s'y opposent.
Chef de l'État est élu pour cinq ans au suffrage universel direct. Il ne peut être immédiatement réélu. En aucun cas, il ne peut briguer un troisième mandat (Constitution de 1987, art. 134.3). Le président de la République entre en fonction le 7 Février. Lors de la cérémonie d'investiture, il doit prêter le serment devant le parlement réuni en Assemblée Nationale.
« Je jure, devant Dieu et devant la Nation, d'observer fidèlement la Constitution et les lois de la République, de respecter et de faire respecter les droits du peuple haïtien, de travailler à la grandeur de la Patrie, de maintenir l'indépendance nationale et l'intégrité du territoire. » (Constitution, art. 135.1)
Ses prérogatives sont relativement importantes, à l'image de ceux du président de la république française. L'actuel président en use et en abuse. À la tête d'une faction incompétente et corrompue, Jean-Bertrand Aristide est de plus en plus contesté tant en Haïti que sur la scène internationale.
Jean-Bertrand Aristide est né en 1953 à Port-Salut, ville côtière du département du Sud. Après des études de théologie, il est ordonné prêtre en 1982. Nommé dans un quartier pauvre de Port-au-Prince. Il se fait vite remarqué par ses prêches dénonciateur de la dictature des Duvalier. Surnommé Titide, le Père Aristide se pose en curé des bidonville où il enflamme les foules. Avec son discours anti-impérialiste, il a des allures de messie. Après des années de lutte, il est élu le 16 décembre 1990 à la présidence de la république avec des promesses de justice sociale. En septembre 1991, il est renversé par un coup d'État qui l'oblige à fuir au États-Unis. En exil, il est devenu un leader médiatique soutenu par de nombreux intellectuels de par le monde. En 1994, une intervention militaire américaine permet un retour triomphal en Haïti de Jean-Bertrand Aristide qui récupère son poste de président. Mais ce n'est plus le même homme. La même année il renonce à la prêtrise, deux ans plus tard, il se marie. En 1996, selon les termes de la constitution, il cède le poste de président à son plus proche collaborateur, René Préval, mais conserve la réalité du pouvoir. Ce mandat est marqué par la violence, la corruption, Haïti s'enfonce dans la crise et Aristide d'enrichit. En peu d'année de pouvoir, l'ancien curé des pauvres se retrouve à la tête d'une grande fortune. En 2000, il est « réélu » par une infime partie des électeurs : 5 % selon l'opposition qui prônait le boycott du scrutin. Par ses liens avec des bandes armées et ses méthodes de répression, Jean-Bertrand Aristide n'a pas donné depuis le moindre gage de démocratie. Il était à la tête d'un régime autoritaire coupé des masses populaires qui l'avaient porté au pouvoir en 1990.
« La dérive mafieuse de Jean-Bertrand Aristide, ex-défenseur des bidonvilles et héraut de la société civile, illustre la pesanteur de cette culture du pouvoir exclusif et lucratif. Laissons aux historiens le soin d'apprécier si, dès l'origine, le prêtre populiste, imbu de son verbe mystique, était mégalomane et sanguinaire. Ou si le goût du pouvoir et de l'argent lui est venu aux sommets de l'État. Quel que soit le jugement que le temps portera sur l'homme, il ne fut pas seul à trahir les idéaux dont il était le porte-parole. » (extrait d'un article de Yann Mens, Alternatives Internationales, mars 2004)
Les anciens chefs d'État
Toussaint Louverture (1743-1803) 09.05.1801-1802
Empereur
Jaques I (Jean Jaques Dessalines) (chef d'État en 1803) (1758-1806) 08.12.1804-17.10.1806
Roi
Henri I Christophe (1767-1820) (Président à partir du 17.10.1806) 26.03.1811-08.10.1820
Président
Alexandre Pétion (1770-1818) 27.12.1806-29.03.1818
Jean Pierre Boyer (1776-1850) 29.03.1818-21.03.1843
Charles Hérard (1787-1850) 21.03.1843-03.05.1844
Philippe Guerrier (1773-1845) 03.05.1844-15.04.1845
Jean Louis Pierrot 16.04.1845-02.1846
Jean Baptiste Riché (1780-1847) 01.03.1846-27.02.1847
Faustin Solouque (1782-1867) 01.03.1847-26.08.1849
Empereur
Faustin I (1782-1867) 26.08.1949-15.01.1859
Présidents
Fabre Geffrard (1806-1879) 20.01.1859-13.03.1867
Sylvain Salnave (-1869) 14.05.1867-19.12.1869
Nissage Saget 19.03.1870-13.05.1874
Michel Dominique 11.06.1874-15.04.1876
Boisrand Canal 17.07.1876-17.07.1879
Etienne Felicité Salomon (1820-1888) 23.10.1879-10.08.1888
Télémaque (-1888) 24.08.1888-19.09.1888
François Denis Légitime (1833-1905) 23.10.1888-22.08.1889
Denis Floréal Hippolyte (1827-1896) 09.10.1889-24.03.1896
Tirésias Simon Sim 31.03.1896-12.05.1902
Boisrand Canal (2e mandat) 09.05.1902-21.12.1902
Alexis Nord (1822-1910) 21.12.1902-02.12.1908
Antoine Simon 20.12.1908-02.08.1911
Michel Cincinnatus Leconte (-1912) 14.08.1911-08.08.1912
Tancréde Auguste (-1913) 08.1912-02.05.1913
Michel Oreste (1859- ?) 04.05.1913-27.01.1914
Oreste Zamour (-1915) 08.02.1914-29.10.1914
Joseph Davilmare Théodore 07.11.1914-23.02.1915
Jean Velbrun-Guillaume (-1915) 04.03.1915-28.07.1915
Philippe Sudré Dartiguenave 12.08.1915-15.05.1922
Joseph Louis Bornó (1865-1942) 15.05.1922-23.04.1930
Etienne Roy 15.05.1930-18.11.1930
Stenio Vincent 1874-1959) 18.11.1930-04.1941
Elie Lescot 04.1941-12.01.1946
Dumarsais Estimé (1900-1953) 15.08.1946-10.05.1950
Paul Magliore (1907-2001) 08.10.1950-12.12.1956
Joseph Nemours Pierre-Louis 12.12.1956-07.02.1957
Frank Sylvain 07.02.1957-02.04.1957
Léon Cantave 20.05.1957-26.05.1957
Daniel Fignolé 26.05.1957-14.06.1957
Antoine Kebreau (1909-1963) 14.06.1957-15.10.1957
François Duvalier (1909-1971) 15.10.1957-21.04.1971
Jean Claude Duvalier (1951) 22.04.1971-07.02.1986
Henri Namphy (1933) 07.02.1986-07.02.1988
Leslie Manigat (1930) 07.02.1988-20.06.1988
Henri Namphy (2e mandat) 20.06.1988-17.09.1988
Prosper Avril (1937) 18.09.1988-10.03.1990
Ertha Pascal Trouillot (1943) 13.03.1990-07.02.1991
Jean Bertrand Aristide (1953) (en droit à partir du 07.02.1996) 07.02.1991-30.09.1991
Joseph Nerette (1924) 08.10.1991-12.05.1994
Émile Jonassaint 12.05.1994-15.10.1994
Jean Bertrand Aristide (2e période)
15.10.1994-07.02.1996
René Preval (1943) 07.02.1996-07.02.2001
Jean Bertrand Aristide (second mandat) 07.02.2001-29.02.2004
Boniface Alexandre 29.02.2004-02-2006
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René Préval a été déclaré vainqueur de l'élection présidentielle en Haïti. La commission électorale a annoncé, jeudi 16 février 2006, que René Préval avait remporté 51,15 % des voix au premier tour de l'élection.
Le site de la présidence
Boniface Alexandre, le président provisoire de février 2004 à février 2006
Jean-Bertrand Aristide (photo officielle), a été contraint à la démission le 29 février 2004
La fondation Aristide pour la démocratie
Le dossier Haïti de Rezonet (mars 2004)
Retour sur la chute du président haïtien : Le bicentenaire de l’indépendance d’Haïti a été marqué par des tensions qui ont abouti au départ contraint et forcé du président Jean-Bertrand Aristide, le 29 février. Victime d’un « coup d’État moderne » pour les uns, dictateur justement évincé pour les autres, l’ex-président demeure très controversé. Mais l’issue de la crise soulève aussi de nombreuses questions sur les ambiguïtés de son ex-opposition (par Maurice Lemoine, Le Monde diplomatique, septembre 2004).
Le Palais national, résidence présidentielle (appelée aussi « Maison blanche »)
Petit historique
La liste des présidents
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