|
|
Le paysage politique portugais est très polarisé. Deux partis dominent la vie politique et alternent régulièrement au pouvoir depuis 1975. La dernière alternance date de de février 2005 avec le retour de la gauche au pouvoir (et la précédante en mars 2002 avec l’accession au pouvoir du PSD (droite))
Ces deux partis rassemblent près de 75 % des électeurs. Ils ont dirigés ensemble le pays entre juin 1983 et juin 1985 sous le nom de Bloc central (Bloco central).
Sur les marges, l’extrême gauche (si on y met le PC, les Verts et le BE) et l’extrême droite (si on y classe le CDS-PP) pèse un poids équivalent : environ 9 % des voix chacune.
La gauche
PS, Parti socialiste (Partido Socialista) : le grand parti de la gauche portugaise issu de la Révolution des œillets. Sous la conduite de son leader historique, Mário Soarès, le PS est au pouvoir de 1975 à 1978, puis de 1983 à 1989. En 1989, c’est Jorge Sampaio (aile gauche du PS) qui succède au chef historique devenu président de la République. Il est évincé en 1992 par le chef de l’aile modérée du parti, António Guterres qui conduit le parti à la victoire électorale de 1995 (44 % des voix) et à son retour au pouvoir. C’est la déroute du PS aux municipale d’octobre 2001 qui conduit A. Guterres à la démission. Le PS perd les législatives de mars 2002 (37,8 % et 95 sièges) et retourne à l’opposition. La défaite limitée du PS est due au repositionnement à gauche du parti, sous la conduite de son chef, Eduardo Ferro Rodrigues, qui a fait campagne sur le thème de la justice sociale. Aux européennes de juin 2004, le PS a remporté 44,5 % des voix soit plus de 11 point de plus que la coalition gouvernementale. Le nouveau secrétaire général est le très centriste José Sócrates. Il a mené son parti à la victoire en février 2005 : avec 45 % des voix et 120 députés sur 230, le PS enregistrait le meilleur score de son histoire.
PCP, Parti communiste portugais (Partido Comunista Português) : c’est un parti historique de la gauche portugaise. Fondé en 1921, il est resté parmi les plus orthodoxes des PC occidentaux. Le PCP a connu le même déclin électoral que le PCF. Dans la clandestinité, il avait payé un lourd tribu à sa lutte contre la dictature de Salazar. En 1975, à la suite de la révolution des œillets, il fut un temps tenté de capter la totalité du pouvoir, mais finalement laissa le Portugal devenir une démocratie libérale. En 1976, il est évincé du gouvernement à la faveur d’un virage à droite du PS. Fidèle au pouvoir soviétique jusqu’en 1991 et à son leader historique Alvaro Cunhal (1913-2005), Le PCP était le plus stalinien les PC d’Europe occidentale. Depuis 1989, il a pris la tête d’une coalition électorale : CDU, Coalition démocratique unitaire (Coligação Democrática Unitária) avec les écologistes (Os Verde) dans le but d’enrayer l’érosion de ses scores. En mars 2002, l’alliance PC-les Verts obtient 6,9 % des voix (contre 11,2 % en 1994 et 9 % en 1999). Le PCP conserve quelques bastions historiques en Alentejo et dans la banlieue de Lisbonne, ainsi que ses liens avec le syndicat CGT. Aux européennes de juin 2004, CDU-PEV a obtenu 9,1 % des voix. Le parti est dirigé par le très orthodoxe Jeronimo De Sousa. En février 2005, le CDU (communistes et Verts) augmente son score : 14 députés.
BE, le Bloc des gauches (Bloco da Esquerda) : formation regroupant l’extrême gauche portugaise depuis 1999. Influente dans les milieux intellectuels de la capitale, BE a obtenu 2,7 % des voix et 3 députés en mars 2002 (soit un siège de plus qu’en 1999). BE comprend notamment l'Union démocratique populaire (União Democràtica Popular), le Parti socialiste révolutionnaire (Partido Socialista Revolucionario ) et Politica XXI. Ses principales personalités sont Francisco Louçã (économiste, dirigeant trotkiste du PSR), Fernando Rosas (historien, spécialiste du Salazarisme), Luís Fazenda (dirigeant de l'UDP) et Miguel Portas (de Politica XXIe et frère de Paulo Portas du CDS-PP). Ses thèmes de campagnes sont l'atermondialisation, le pacifisme, le droit de vote à 16 ans, la légalisation de l'avortement, la dépénalisation du cannabis (comme en Espagne), les droits des homosexuels... Aux européennes de juin 2004, BE obtenait son premier député européen avec 4,9 % des voix. 14 députés en février 2005.
MPT, Mouvement parti de la terre (Movimento o partido da terra) : petite formation écologiste indépendante dont l'audiance est très limitée (0,3 % aux législatives de 2002).
La Droite
PSD, Parti Social Democrate (Partido Social Democrata) : parti de droite conservatrice sur les questions sociales, libérale en économie. D’abord centriste, arborant un logo orange, il a fini par incarner la droite portugaise avec le déclin du CDS et l’arrivée au pouvoir d’Aníbal Cavaco Silva, son leader, Premier ministre de 1985 à 1995. Il a obtenu plus de 50 % des voix (en 1991), puis baissé à 33 % dans les années qui ont suivis. En mars 2002, avec plus de 40 % des suffrages et 102 députés, il est revenu au pouvoir en s’alliant au CDS-PP. Son leader depuis 1999, José Barroso, a formé le gouvernement. Le chef du parti, Pedro Santana Lopes, à la ligne plus populiste, a été élu maire de Lisbonne en 1999. Fin 2002, le PSD est en baisse dans les sondages. Aux européennes de juin 2004, Força Portugal (PSD et CDS-PP) a obtenu 33,2 % des voix, soit une sanction sévère de l'électorat. Avec 28,7 % des voix aux législatives de février 2005 (et 72 sièges), le PSD a enregistré le plus mauvais score de son histoire et est retourné dans l'opposition.
CDS-PP, Centre démocrate social-Parti populaire (Partido Popular) : droite populiste ultra-conservateur allié au PSD dans le gouvernement Barroso. En 1975, le CDS était un parti démocrate-chrétien (droite modérée) qui obtenait 15 % des voix et envisageait de s’allier au PS. Puis ce fut un lent déclin, jusqu’à 4, % en 1991. En se marginalisant, il a développé une rhétorique nationaliste radicale et anti-européenne. En 1992, sous la houlette de Manuel Monteiro, son jeune dirigeant, le parti était devenu le Parti populaire dont le discours d’extrême droite l’avait totalement coupé de ses racines démocrate-chrétiennes. En 1998, sous la conduite de Paulo Portas, les fondateurs du CDS ont repris le contrôle du parti pour en faire la formation ultra-conservatrice actuelle qui fait campagne sur des thèmes sécuritaires et anti-européens, anti-avortement, anti-immigrés... Le CDS-PP a obtenu 8,7 % des voix en mars 2002 et 14 sièges, en février 2005 : 7,5 % des voix.
Ces deux partis se sont présentés ensembles aux élections européennes de juin 2004 sous l'étiquette « Força Portugal ».
La droite extrême
PNR, Parti national rénovateur (Partido nacional renovador) : formation néosalazariste qui a succédé à l'Aliança Nacional. Elle n'a obtenu que 0,07 % des voix aux législatives.
Cercle d'études Oliveira Salazar un groupuscule qui émerge lors de quelques dates symboliques comme celles de la naissance et de la mort de Salazar, ou au mois de mai pour célébrer l'anniversaire de la création de l'État Nouveau (Estado Novo) dans les années 1930.
|
|
Le PS : le programme et ses archives (des documents historiques mis en ligne)
José Sócrates, chef du PS
Le PSD : le grand parti conservateur portugais
José Barroso, ancien chef du PSD (1999-2004) et Premier ministre (2002-2004)
Le PP (site en construction) : la droite populiste / extrême droite
Paulos Portas, le leader populiste
Le PCP : le parti communiste
Carlos Carvalhas, n° 1 du PC
Les JCP : les Jeunesses communistes portugaises.
La CDU : la coalition électorale PC-Verts
Les Verts : le principal parti écologiste portugais (allié aux communistes)
Le Bloc de gauche : l'extrême gauche portugaise
Les femmes du Bloc de Gauche ont joué un rôle moteur dans la récente campagne pour que le droit à l’avortement libre et gratuit soit enfin reconnu
Francisco Louçã, la personnalité la plus populaire du BE
Le MPT : le Mouvement parti de la terre.
Le PNR : les nostalgiques du salazarisme
|
|