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Connaissance de l'enfer

par António Lobo Antunes

( Livre )
Points
Collection Littérature
Langue d'origine : portugais
Traduit par Michelle Giudicelli
2000, N°801, 6.95 euros
Première édition : Christian Bourgois - 1998
ISBN : 2020348950

« Un jour et une nuit de voyage en voiture mènent un homme du sud du Portugal jusqu'à Lisbonne où il travaille dans un service psychiatrique. Durant ce trajet, les souvenirs se mêlent aux visions, l'univers du narrateur paraît basculer dans la folie. Entre les dérives de son imagination et les délires de ses patients, entre les cauchemars atroces de la guerre d'Angola et l'univers concentrationnaire de l'hôpital, le narrateur brosse un tableau cruel de l'institution psychiatrique et dresse un féroce réquisitoire contre les guerres coloniales qui ont traumatisé toute une génération de portugais. » (Présentation de l'éditeur)

Paru en 1980 au Portugal, Connaissance de l’enfer, est le roman le plus autobiographique d’Antonio Lobo Antunes. Il évoque la vie d’un jeune médecin qui travaille dans un service psychiatrique. L’ordre des médecins, scandalisé par le livre, lui fait un procès.

« C'est l'épaisseur humaine de ce récit éminemment subjectif - écrit par un écorché vif à cheval entre deux mondes, celui des bourreaux, qu'il dénonce mais auquel il appartient, et celui des victimes, dont il partage la souffrance - qui donne son intensité au roman. Les différents enfers traversés par le narrateur, et qui se disputent sa conscience tourmentée, sont tour à tour celui de la colonisation et de la guerre, celui du monde terrible de l'hôpital psychiatrique, celui d'une société injuste et absurde, qui n'a pas su tenir les promesses de la révolution. Mais, dans ce livre, l'enfer, ce n'est pas seulement les autres; il est aussi, il est surtout le fait de cette attaque insidieuse qui s'empare soudain et impitoyablement des êtres les plus fragiles. » (Michelle Giudicelli, la traductrice et auteur de la préface)

« En 1973 j'étais revenu de la guerre et je savais ce que c'était que les blessés, le glapissement des gémissements sur la piste, les explosions, les tirs, les mines, les ventres écartelés par l'explosion des mines, je savais ce que c'était que les prisonniers et les bébés assassinés, je savais ce que c'était que le sang répandu et la nostalgie, mais on m'avait épargné la connaissance de l'enfer. » (la dernière phrase du premier chapitre)

Sur la Toile

À propos de ce livre (Article paru dans Le Matricule des Anges, juin 1998)

Une critique par Irma Krauss

Une critique (par Alain Jean André, Chroniques de la luxiotte, 11 janvier 2001)

 
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