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Dernier Royaume

par Pascal Quignard

( Livre )
Grasset & Fasquelle
Collection Bibliothèque Grasset

Une œuvre monumentale dont les trois premiers tomes sont parus en septembre 2002. Ombres errantes a valu le prix Goncourt 2002 a son auteur. Les suivants fin 2004.

Commander le tome I : Les Ombres errantes (17 euros) - en poche (4,70)

le tome II : Sur le Jadis (19 euros) - en poche (6,20)

le tome III : Abîmes (17 euros) - en poche (6,20)

le tome VI : Paradisiaque (18,50)

le tome V : Sordidissime (18,50)



" Ce n'est pas un roman, ce n'est pas un essai, ce n'est pas de la poésie, ce n'est pas de la philosophie, mais c'est de la littérature. Et de la grande ! Pascal Quignard est l'ultime chevalier errant des lettres contemporaines. Inclassable. Affranchi des chapelles et des dogmes. Rayonnant. Solitaire et solaire.
Dernier Royaume est un projet démesuré, donc raisonnable : 10, 15, peut-être 20 volumes suivront les trois chefs-d'œuvre qui paraissent simultanément cette semaine et composent le véritable événement de cette rentrée littéraire. "Je mourrai à la tâche, confie-t-il sereinement. Je ne dis cela ni par forfanterie ni par romantisme, mais parce que je sais que cette tâche est infinie." " (extrait d'un article de François Busnel, L'Express, septembre 2002 - l'article complet)



« Dernier royaume, dont les trois premiers volumes paraissent ensemble, est un édifice énorme, en construction, qui rassemble et mêle ces désirs, fédère ces attractions tout en leur permettant de librement s'exercer, de s'appeler, de se répondre. Il serait difficile de décrire précisément la distribution des livres (Les Ombres errantes, Sur le jadis et Abîmes) et des 241 chapitres – brefs ou très brefs, eux-mêmes souvent divisés en paragraphes indépendants. Contentons-nous de lire à la suite sans le souci de trouver une cohérence immédiate, une structure visible. L'unité profonde et intérieure du projet étant, elle, évidente.

La grande question du livre est celle du temps. Il ne peut pas en être de plus vaste, de plus éternellement urgente. S'en emparer, s'immerger en elle plus que chercher à s'en rendre maître : telle est la tâche que s'est fixée l'écrivain. Telle est sa passion. Toute réponse, suggère Quignard, réduirait la question à des proportions trop congrues, mesquines, ou simplement techniques – agencement, narration, durée... Le temps doit donc devenir le sujet, la souveraine injonction, l'espace du livre. Sa méditation sera à sa mesure, ou à sa démesure, sans fin assignable. Le temps passé, le "jadis", orienteront le regard et le désir. "À partir du jadis c'est l'origine qui fait avalanche. L'origine accroît son volume et sa masse en venant sur nous." La mélancolie, qui est la vraie sensation du temps, sera garante de la joie. La colère, la sauvagerie, l'animalité et l'effroi à quoi le sexe s'attache toujours, toutes les pulsions obscures d'un temps que le langage n'avait pas encore visitées seront convoquées. » (Deux extraits d'un article de Patrick Kéchichian, Le Monde 27 septembre 2002)

« Cette accumulation de matériaux dissemblables est l'inverse d'une histoire; le projet de Quignard, s'il se laisse cerner, est peut-étre d'ailleurs de déborder toute lecture de l'histoire, d'en pulvériser les constructions trop systématiques par l'élaboration d'une encyclopédie sauvage, sans ordre interne ni barrière. Irrigué par tant de sources, Dernier Royaume féconde celui qui s'y plonge, avec pour seuls guides les voix entrecroisées de son écriture. On y entend l'écho de toutes les formes littéraires, le conte, le journal, l'essai, le poème, la fiction. On y savoure le silence que ménage chacun des fragments. Alors on entre dans cet "angle mort du monde" où Pascal Quignard se tient, dans la proximité des livres. S'il revendique cette marge comme une dissidence, ce retrait sonne aussi comme un adieu aux armes. Qu'est une pensée qui ne croit plus aux conditions de sa survie, et pour laquelle l'avenir, d'ailleurs, n'est pas une dimension du temps ? Dernier Royaume est un ultime refuge, un lieu placé sous le signe d'illuminations passées qui, comme la lumière d'astres éteints, nous atteignent avec retard et qui, quoique mortes déjà, continuent de briller. » (extrait d'un article de Renaud Ego, Sauramps.com - l'article complet)

« Il y a vingt ans j'ai composé les huit tomes des Petits Traités. Ils sont parus aux Éditions Maeght. "Dernier Royaume" est un ensemble de volumes beaucoup plus étendu et étrange. Ni argumentation philosophique, ni petits essais érudits et épars, ni narration romanesque, en moi, peu à peu, tous les genres sont tombés. Enfant, durant toute mon enfance, chaque nuit, je tournais la tête du crépuscule jusqu'à l'aube. Cela me paraissait beaucoup plus intéressant que dormir. C'était peut-être un signe de carence mais cela m'excitait. C'est vraiment une tête qui tourne à toute allure que ces volumes. Un éclair de tête. Ce n'est pas un jugement sur le temps ou le monde ou la société ou l'évolution humaine : c'est le petit effort d'une pensée de tout. Une petite vision toute moderne du monde. Une vision toute laïque du monde. Une vision toute anormale du monde. » (l'auteur)

« Il y a une continuité et un ordre, même si l'ensemble est une sorte de méditation sur le temps. Le premier tome, Les Ombres errantes, était nécessaire en ce sens que, pour atteindre la nudité, il fallait d'abord se déshabiller, se dépouiller. Penser suppose pour moi que l'on s'implique totalement, corps et âme et vie, et pour cela, pour échapper au discours commun, pour ne pas être une plume mercenaire, pour être libre, il faut commencer par démissionner, s'arracher au parcours, divorcer, abandonner la musique, se défaire des particularités du sujet, se dénationaliser. C'est cela la première errance. Dans Les Ombres errantes, je donne le minimum d'autobiographie, mais ce minimum de témoignage prouve que je suis parti en anachorèse, que je me suis mis à l'écart. Je suis aussi contraint de parler de ce XXIe siècle tel qu'il commence pour pouvoir faire ensuite mes rotations plus anciennes.

Dans le deuxième volume, Sur le jadis, j'ai voulu méditer sur le double événement qui fonde une nouvelle ère : les camps de concentration du nazisme et l'utilisation par la démocratie de la bombe nucléaire pour tuer des populations civiles. A alors émergé un passé immense. Car c'est pendant la Seconde Guerre mondiale qu'on découvre Lascaux. Plus tard il y aura la grotte Cosquer, la grotte Chauvet, cela ne cesse plus. Le Dieu actuel, c'est le passé. à preuve les musées, qui en sont les temples profanes ; et la psychanalyse, l'ethnologie, qui furent des inventions renversantes. J'éprouve une joie, certes tragique mais totale, à vivre dans ce temps. Il me restait à cerner dans un troisième volume le côté abyssal du temps, le temps qui se déchire constamment entre ses deux pôles : le passé et le jadis, c'est-à-dire le temps social et le temps intime de l'individu. Les sociétés humaines et les historiens essaient de nous faire croire qu'il y a une logique du temps. C'est plus rassurant, mais c'est faux. » (l'auteur, extrait d'un entretien avec Télérama)



Sur la Toile

Lire le début du tome I sur le site de l'éditeur.

Lire des extraits : le chapitre 11 et le chapitre 53 des Ombres Errantes

le chapitre 32 d'Abîmes

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