BiblioMonde

Des os de perles, des yeux de corail

par Ikezawa Natsuki

( Livre )
Philippe Picquier
Langue d'origine : japonais
Traduit par Véronique Brindeau et Corinne Quentin
1998, 96 p., 12.04 euros

ISBN : 2877303004

Un recueil de nouvelles

« Avec Ikezawa, on dirait toujours qu'une voix séjourne parmi nous. Une voix qui ne semble pas d'ici, mais dont il est permis de capter la rumeur à la faveur de certains no man's land propices aux dialogues avec l'invisible : les champs neigeux d'Un voyage vers le nord, ou ce repli du temps, juste après la vie, quand les os retiennent encore un peu de l'âme aimée qui se disperse (Des os de corail, des yeux de perle). Ses nouvelles dans leurs dénouements scintillent, légères, comme des surprises : guirlandes d'un Noël de fortune après le dernier voyage; sourire où disparaissent l'inquiétude, la tempête et le doute ; un peu de bleu, enfin, première couleur après l'âpreté d'un étrange rite funéraire, en signe d'harmonie avec le monde. Comme un peintre, il sait placer la lumière, réserver les transparences. Il excelle à disposer une scène de neige, des rires de jeunes filles dans le soleil, un banc de poissons minuscules filant dans les profondeurs. Il sait aussi désigner un point invisible au centre de son tableau, et faire de l'impalpable un objet de légende. » (présentation de l’éditeur)


« Il est mort. Et cependant sa voix résonne, détachée d’un corps brûlé selon les tradition japonaises. Ses os, sa boite crânienne ont pris place dans une urne funéraire. Le 49e jour de sa mort, l’urne sera enterrée. Sa famille sera alors libérée de l’esprit du mort.Un esprit qui parle s'exprime demande à son épouse de respecter sa volonté, au-delà du sacrilège. Pilonner ses os, les réduire en une fine poudre qu’elle répandra dans la mer. Ses os seront de corail, ses yeux de perles. Son corps intégralement disparu, son âme envolée. Son existence dissoute. Il était producteur de télévision. De l’émotion en barre. Il faudrait enfermer ce récit dans un coffre-fort, de ceux qui protègent des valeurs inutiles telles que l’or ou l’argent. IL faudrait conserver ce récit, le protéger, le respecter. Et le faire lire aux générations futures, lobotomisées dans un monde d’apocalypse, pour leur faire comprendre le sens du mot émotion. Et précisément le troisième récit nous peint le dernier survivant d’un monde disparu par la faute d’un virus foudroyant, qui tue en quelques jours et donne aux cadavres imputrescibles, figés dans une éternité absurde, l’aspect grotesque de poupées de cire. Lassé de sa vie dans son abri, il remonte à la surface pour y fêter Noël. Il sait qu’il va mourir. Et avec lui l’espèce humaine, qui ne méritait pas autre chose, faute d’avoir su aimé son prochain. Et l’amour est au cœur de second récit, une lettre qu’envoie une sœur à son frère, travaillant au loin sur un bateau, pour lui expliquer que sa femme a pris la fuite avec son enfant. Mais a-t-elle fuit ? et la sœur d’imaginer le périple de son épouse pour venir le rejoindre. De l’émotion, un trésor. Qu’il faudrait conserver pour les générations futures... » (Francis Rozange, extrait de la Factory)

____________________________________________

Si vous commandez ce livre à partir de cette page, BiblioMonde touchera une commission et vous participerez ainsi au financement du site.

 
© BiblioMonde.com