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Écrits édifiants et curieux sur la Chine du XXIe sièclepar Chen Yan, Marie Holzman (direction de l'ouvrage) (
Livre
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Voyage à travers la pensée chinoise contemporaine : une sélection de textes d’intellectuels chinois comme Wu Guoguang, Liu Xiaob, Qin Hui, Yu Jie…
Il est fréquent de lire des traductions de textes littéraires chinois, ou des ouvrages écrits par des spécialistes occidentaux sur la Chine. Il est plus rare de pouvoir accéder directement en langue occidentale aux textes d’analyse ou aux essais qui foisonnent dans les centres de réflexion de la Chine contemporaine. Pourtant, dans ce pays en voie de mutation rapide, les idées s’échangent, des projets de société s’échafaudent, des remises en question fondamentales et courageuses du système actuel circulent sur le Net, dans les revues de Hong Kong ou même dans la presse régionale à l’intérieur du pays. Bien entendu les modes d’expression sont toujours soumis à la censure, à l’auto-censure et la position des intellectuels, des activistes, ou des personnalités politiques se battant de diverses façons pour la démocratisation du système reste fragile. Nous proposons d’illustrer les différents courants de pensée à l’aide de text es chinois éclairant divers aspects des questions fondamentales qui se posent à l’heure actuelle, aussi bien dans les domaines social, économique que politique et culturel. « Le ton de la première partie, "Où en sont les réformes politiques ?", reste optimiste. Pour Li Shenzhi, même si la Chine vit sous un régime autocratique depuis 2200 ans et si la pensée scientifique occidentale à partir des Grecs s’est mise à rechercher la vérité, alors que la pensée scientifique chinoise s’est depuis l’époque de Confucius consacrée à la recherche du bien, démocratie et confucianisme sont compatibles. Le prix élevé pour la démocratisation payé par le peuple chinois depuis 1840 ne l’a pas été en vain, car "l’objectif démocratie" ne cesse de se rapprocher. Wu Guoguang est moins optimiste : pour lui, la réforme politique a été sacrifiée de manière sanglante sur la place Tian’anmen en juin 1989, avant même qu’elle n’ait pu voir le jour. Depuis, "le pouvoir de l’argent a pris à court terme le contrôle de l’histoire". Quant à la réforme économique, elle est d’ores et déjà arrivée à son terme. La troisième contribution est un plaidoyer de Liu Xiaobo en faveur des droits de l’homme. De nombreux progrès ont été accomplis depuis 1989 dans ce domaine, notamment grâce à Internet, souligne l’auteur, qui énumère nombre d’exemples précis. Il note également un recours accru de la population à la loi pour défendre ses droits. Mais d’importants chantiers subsistent : le premier d’entre eux consiste à mettre fin à la discrimination dont sont victimes les paysans qui, bien que représentant l’essentiel de la population, sont toujours des citoyens de seconde zone. Le quatrième texte, de Yan Jiaqi, prône une réforme constitutionnelle pour mettre fin au "poste d’empereur à vie" et instaurer un "système présidentiel parlementaire" et un Etat fédéral ou confédéral. Cela devrait permettre, entre autres, de régler le problème de Taïwan, ainsi que ceux du Tibet et du Xinjiang. De la deuxième partie de l’ouvrage, "Dans quel état se trouve la société chinoise ?", émane – pour le moins – un certain désenchantement. L’économiste Chen Xiaonong livre une explication du mystère de la croissance chinoise qui, malgré un taux d’environ 8 %, va de pair avec une déflation et une hausse du chômage; de fait, l’offre en diplômés d’université dépasse désormais la demande. D’après Chen Xiaonong, "les caractéristiques de l’économie chinoise (…) privent la majorité des acteurs sociaux de toute possibilité d’ascension sociale et, à cause de cela, le petit cercle de l’élite va devenir de plus en plus fermé et exclusif". Le sociologue Sun Liping analyse la polarisation extrême de la société et l’émergence d’une élite globale, accaparant à la fois le capital politique, économique et culturel. Il craint que le développement actuel n’aboutisse, plutôt qu’à la formation d’une classe moyenne, à une société polarisée sur le mode latino-américain. Li Changping revient sur le gâchis causé par le recul de la mise en œuvre de la réforme politique dans les campagnes, principale cause de la récession qui les a frappées dans les années 1990. Pour lui, il est grand temps d’émanciper les paysans, les organisations rurales, les collectivités de base. Les quatre dernières contributions de l’ouvrage décrivent la dégradation de la condition des femmes, le difficile développement des Organisations non gouvernementales (ONG) et de la société civile, le climat de terreur insidieuse créée par la censure, et le phénomène du Falungong. Enfin, sous forme de conclusion, Chen Yan revient sur le cycle infernal de la politique en Chine, entre utopie et répression depuis 1949. » (extrait d’un article de Patricia RS Batto, Perspectives chinoises n° 89, mai- juin 2005) Dans BiblioMonde L'éveil de la Chine : Les bouleversements intellectuels après Mao, 1976-2002 ____________________________________________ Si vous commandez ce livre à partir de cette page, BiblioMonde touchera une commission et vous participerez ainsi au financement du site.
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