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Fil rouge portugais (Le)

par Jean-Pierre Péroncel-Hugoz

( Livre )
Bartillat
2002, 288 p., 24 euros

ISBN : 2841002810

Voyage à travers les continents (sous-titre)

Un tour du monde des pays où les Portugais ont laissés des traces de leur passage ou de leur installation : de la Macaronésie au Mozambique, de Bombay à Rio...

Une quinzaine d'autres pays (parfois inattendus, tels le Japon, le Kenya, Aden, le sultanat d'Oman) où s'est déployée, et quelque fois maintenue, l'influence portugaise. Chaque chapitre comporte donc un chapeau restituant le lien historique entre la contrée traitée et la civilisation portugaise, suivi immédiatement d'un texte plus long sur la situation de ladite contrée, où parfois plus aucune trace lusitane n'est à présent visible (Bombay, Java, Bénin). Un regard indépendant sur de vieilles terres, sous-tendu par l'éloge de la façon portugaise d'enlacer l'Univers.

« Ils sont allés partout, et tout bien considéré, on ne comprend pas comment ils ont fait : les Portugais. (…) Jean-Pierre Péroncel-Hugoz ne cherche pas d'explications, ce n'est pas son affaire, il constate, il admire.(…) Ce passioné aime agiter ses marottes (la francophonie, la paillardise méticuleuse des Portugais) et décocher ses flèches (sur le tiers-mondisme ou sur un coloque rimbaldien à Aden, dans un passage assez décapant). Mais ce qu'il aime par-dessus tout c'est lâcher la bride à son penchant pour l'épisode méconnu ou l'anecdote cocasse. » (extraits d'un article de Jean Soublin, Le Monde, juin 2002)

« Son fil conducteur passe évidemment par l’Asie et l’Amérique, mais aussi par l’Afrique, puisqu’ils sont nombreux sur ce continent les endroits où Bartolomeu Dias, Vasco de Gama et autres, dressèrent un padrão, cette haute borne, surmontée d’une croix, qu’on trouve encore sur le rivage de bien des mers chaudes.

Aucun lecteur du Guide bleu n’ignore que le Maroc doit les remparts d’Asilah aux occupants portugais du XVe siècle, et qu’El-Jalida s’appelait Mazagan au temps où ses bâtisseurs venus d’outre-Atlantique parlaient la langue dans laquelle allait s’illustrer Camões. On sait moins que Ceuta, ultime enclave espagnole au pays de Mohammed VI, avec Melilla, fut d’abord une conquête portugaise, restée à Madrid après une éphémère union des deux couronnes ibériques, entre 1580 et 1640.(...)

Au milieu du XVe siècle, Alphonse V, roi du Portugal, s’intitulait déjà "seigneur de Ceuta et d’Afrique". La Guinée-Bissau, l’Angola, le Mozambique, une partie des actuels Bénin, Ghana, Kenya étaient ou allaient passer sous contrôle lusitan. Péroncel-Hugoz n’a évidemment pas l’ambition de refaire l’histoire de cette lointaine appropriation. Ce qu’il aime, c’est retrouver ses traces sur un continent affranchi mais moins oublieux qu’on ne le croit. Avec une prédilection pour le microscopique, quand il est significatif. Il adore Sao-Tomé qui dispute aux Seychelles le "record charmant de plus petite nation d’Afrique". Il se plait à Ouidah, enclave portugaise à l’intérieur de la colonie française du Dahomey, avec son fort Saint-Jean-Baptiste qui ne fut évacué qu’en 1961, après l’indépendance du futur Bénin. Bien sûr, il y a les gros morceaux, tel le Mozambique, si longtemps voisin d’une Afrique de l’apartheid où les Afrikaners considéraient les Portugais comme de "faux Blancs", à cause de leurs amours indigènes trop propices au métissage. » (extrait d'un article de Jean de La Guérivière, Géopolitique africaine, 2002)

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