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Harem et l'occident (Le)

par Fatima Mernissi

( Livre )
Albin Michel
novembre 2001, 18.29 euros

ISBN : 2226128107

« En Occident, le harem est représenté comme un lieu de plaisir où s'ébattent des femmes nues et lascives, odalisques d'Ingres et de Matisse, Schéhérazade en version hollywoodienne.

En Orient, le harem est au contraire le lieu de la réclusion des femmes qui ne rêvent que de s'en émanciper, en jouant de leur talent et de leur intelligence, qu'elles aient vécu au temps du khalife Haroun AI-Rachid ou dans le harem domestique des années 1950 à Fès.

Ces deux représentations du harem - l'une fantasmée, l'autre historique - dessinent une vision différente, troublante et inattendue, non seulement de "la femme idéale" mais aussi de la séduction, de l'érotisme et des rapports entre les sexes.

"Décris-moi ton harem, je te dirai qui tu es", semble nous suggérer avec humour l'auteur du Harem politique, de Sulfanes oubliées et de Rêves de femmes, bien connu du public pour sa vision aussi pertinente qu'impertinente d'un monde arabe en pleine mutation.

Le Harem et l'Occident : un fascinant voyage au cœur des harems, un face à face revigorant entre les cultures autant qu'une méditation sur le pouvoir de l'image et la perception de soi. » (présentation de l'éditeur).

« Fatima Mernissi nous emmène avec elle, en compagnie d’un journaliste français, qui l’introduit dans son harem fictif de peintures et de lectures. Puis dans son harem à elle, auprès de Haroun al-Rashid le séduisant khalife, du révolutionnaire Ataturk, grâce à qui les écoles ont été ouvertes aux filles jusqu’au Maroc, permettant à la petite Fatima de quitter le harem d’enfance à Fès, d’étudier à Rabat puis aux États-Unis et de devenir professeur d’université. Fatima qui a l’intelligence, l’érudition et peut-être, derrière ses lourds bracelets en argent et son rouge à lèvres Chanel, la confiance en elle de Schéhérazade, qui a en tout cas comme elle la maîtrise de la parole : "La femme musulmane contemporaine lui ressemble : elle n’a pour arme contre la violence que ses mots." Autres fortes femmes musulmanes : Shirin, partie seule à cheval à la recherche du prince aimé - on est loin de la Belle au bois dormant ! -, ou Nour Jahan, reine qui parlait le persan et l’arabe, pratiquait des arts raffinés et était « une remarquable tireuse de tigres ». Ou encore Al-Hurra, dont il ne reste aucune trace dans l’histoire officielle du Maroc, qui a pourtant exercé le pouvoir pendant trente ans (1510-1542) et fréquenté des pirates comme Barberousse. En un temps où les sultans recherchaient des esclaves érudites, redoutables joueuses d’échecs, les Européens ridiculisaient les femmes savantes. Et la question peut se poser : plus que dans l’imaginaire occidental, les femmes seraient-elles vues comme des "égales" dans l’imaginaire arabe ? » (extrait d'une chronique d'Henriette Sarraseca, RFI, 17 janvier 2002)

Dans BiblioMonde : d'autres évocations du harem.

Harem, l’Orient amoureux
par Carla Coco.

Harem impérial au XIXe siècle de Leïla Hanoun

 
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