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Journal d'un voyage en Amérique 1820

par Morris Birkbeck

( Livre )
Ginkgo
Langue d'origine : anglais
Traduit par Françoise Pirart et Pierre Maury
2007, 127 p., 12 euros

ISBN : 978-2846790413


Un classique de la littérature de voyage

Sous la forme d'un journal, Morris Birkbeck raconte son installation en Illinois en août 1818 après avoir traversé l'Atlantique, les Appalaches et les États du Nord-Est des États-Unis.

Bien des raisons devaient conduire Morris Birkbeck à briser les liens avec l'Angleterre :

Spirituelles : bien que respectueux de la religion, il n'hésitera pas à s'opposer à son père, influent dirigeant Quaker, et au rigorisme de sa confession d'origine.

Économiques : Birkbeck, qui fut l'un des premiers à développer l'élevage du mouton Mérinos, s'est retrouvé à l'étroit dans ce pays conservateur.

Politiques : affichant des idées progressistes, gagné à l'idéal révolutionnaire lors de son voyage en France, et libéral dans l'âme, il ne pouvait admettre de se voir refuser le droit de vote par « l'Establishment » alors qu'il payait des impôts.

La perte de sa femme, décédée en 1804, acheva de couper le dernier lien le retenant dans son pays. En 1817, avec sa famille et quelques amis il s'embarquait pour le Nouveau Monde. Après plusieurs mois d'un lent voyage au travers des Apalaches et Etats du nord-est, Morris Birkbeck et ses compagnons se fixeront dans le territoire de l'Illinois en août 1818.

C'est le récit de cette installation que Morris Birkbeck nous a laissé sous forme d'un remarquable journal, riche de nombreuses informations (historiques, sociologiques, économiques, politiques). Au-delà du simple récit de voyage, ce texte rassemble et aborde les questions auxquelles l'émigrant anglais accordait une très grande importance : l'évolution des transports, les progrès à apporter à l'élevage et l'agriculture. Les questions religieuses sont aussi abordées, l'ancien Quaker devenu agnostique ne se prive pas de fustiger la « superstition » et le « fanatisme » qui selon lui dirigeait nombre de communautés récentes installées en Amérique du nord.

Plus encore que les aspects spirituels, la vie quotidienne des américains, citadins ou paysans isolés, indiens ou coureurs des bois, a véritablement fasciné Birkbeck. Il apporte là un document d'une grande qualité sociologique et ethnographique.

Cependant, les préoccupations majeures de Birkbeck se situent sur une autre échelle, bien plus importante et grave : la lutte contre l'esclavage.
Son texte s'en fait l'écho, avec émotion... Abolitionniste convaincu, Morris Birkbeck luttera de toute son énergie contre "l'institution particulière" comme on l'appelait à l'époque, n'hésitant pas à entrer en politique pour parvenir à ses fins.

Morris Birkbeck aurait probablement connu une longue carrière politique si le destin en avait décidé autrement : le 4 juin 1825, à 61 ans, revenant d'une visite à la communauté utopiste de Harmony, il se noyait en traversant la Fox river.

Ce « journal de voyage » est le récit étonnant d'un homme épris de liberté, qui voulait croire au rêve américain.

 
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