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Mitterrand, une histoire de Français

par Jean Lacouture

( Livre )
Points
Collection Histoire
2000, 726 p., 9 euros
Première édition : 1998
ISBN : 2020408074

Les Risques de l'escalade : 1er tome de la biographie de François Mitterrand

Après tant de livres, pamphlets, plaidoyers ou réquisitoires consacrés à François Mitterrand, on attendait un ouvrage qui remette en perspective cet exceptionnel destin. En indiquant qu'il raconte « une histoire de Français », Jean Lacouture entend souligner à quel point la personnalité de François Mitterrand, jusque dans ses ambiguïtés, incarne les Français eux-mêmes. Entre le catholicisme des origines et le socialisme d'adoption, entre Vichy et Londres, entre stoïcisme et cynisme, ruses et conviction, François Mitterrand réunit et exacerbe en lui les contradictions françaises. Ce premier volume d'une monumentale biographie, organisée en deux parties, traite de la jeunesse charentaise jusqu'à l'accession à l'Élysée (en 1981), et recompose le roman de la conquête.

Le tome 2 : Les Vertiges du sommet

« À tort ou à raison, je pensais avoir en effet une incitation à écrire ce livre "une première saisie du personnage" dans la mesure où j’ai été de ceux qui, venus du mendésisme, se sont ralliés à François Mitterrand à partir de 1965, non sans difficulté ou murmure, et en partie d’ailleurs parce que Pierre Mendès-France nous l’avait recommandé. J’ai donc une part de responsabilité dans l’aventure mitterrandienne, et je considère avoir à cet égard des comptes à rendre, disons un sentiment de responsabilité, notamment par rapport à tout ce qui a mal tourné. Enfin, il y a aussi cela, que j’avais déjà écrit trois biographies, qui couvraient une grande partie du siècle : de Blum et de l’Affaire Dreyfus à De Gaulle et à Mendès-France. Il y avait ce dernier quart qui restait... Cela me séduit d’avoir parcouru cet espace historique, même si je suis d’avis que les personnages ne décrivent pas toute l’histoire. J’ai donc choisi cette approche fortement individualisée, non pour régler mes comptes avec Mitterrand Ä je ne suis pas de taille à le faire Ä mais pour régler des comptes avec moi-même... (…)

À l’origine de la plupart des autobiographies que j’ai écrites, il y avait en effet, soit le désir de parler de gens auxquels j’étais très attaché Ä Mendès ou Mauriac Ä, soit, pour De Gaulle, par exemple, le fait que l’on avait eu raison de ma vanité... S’agissant de Mitterrand, j’ai longtemps résisté à diverses sollicitations. Il y avait trop à dire contre lui. Ma querelle à son égard est moins celle du cynisme que celle de l’Algérie : je ne lui pardonnerai jamais d’avoir été le ministre de la Justice qui a laissé guillotiner Fernand Yvetot et tant d’autres, et sa lâcheté de s’être défaussé sur les militaires pour faire "le sale boulot" : c’est d’ailleurs le seul point sur lequel il fait une autocritique dans le livre, et je tenais à le lui faire dire. J’aurais pu aussi le faire parler de l’affaire Bousquet, qui me paraît relever également du domaine de l’impardonnable : comme le sont les affaires et la corruption qui se sont développées autour de lui. » (extraits d’un entretient de l’auteur avec Jean-Paul Monferran, L’Humanité, 28 octobre 1998)

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