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Mutations sociales dans le Haut Atlas : les Ghoujdama

par Ali Amahan

( Livre )
MSH
1998, 325 p., 25.9 euros

Coéditeur : La Porte (Rabat) - collection : Méditerranée-Sud - ISBN : 2735107698

Les changements qui ont affecté une tribu du Haut Atlas marocain, les Ghoujdama, dont le territoire se situe entre les villes de Kalaat Sraghna au Nord et celle de Ouarzazet au sud.

Les Ghoujdama, tribu du Haut Atlas, par leur ancrage dans l'histoire et leur capacité d'adaptation au monde moderne constituent un cas exemplaire pour comprendre le Maroc et par-delà le monde rural maghrébin. Par une étude historique solide, l'auteur nous montre les Ghoujdama à l'aube du XXe siècle, sous la double domination du Glaoui et du Protectorat et depuis l'indépendance.

Grâce à la connaissance intime de ce milieu dont il est issu, Ali Amahan, dans le sillage de Robert Montagne, Jacques Berque, Paul Pascon, Pierre Bourdieu, aborde avec acuité, justesse et authenticité l'analyse des mutations sociales chez les Ghoujdama. Il révèle les mécanismes enfouis dans les structures sociales et mentales, dévoile la dynamique spécifique qui incite au changement mais aussi à la résistance, et montre que la confrontation entre changement et permanence n'est en fait que la juxtaposition de deux systèmes, l'un moderne et puissant, l'autre traditionnel et ancestral. Ces systèmes se complètent et ne s'opposent que rarement ; ils s'appuient mutuellement l'un sur l'autre pour perdurer et évoluer.

« L'analyse suit l'enchaînement historique qui a affecté l'espace des Ghoujdama, depuis le début du XXe siècle, en passant par la domination du Glaoui, du protectorat et depuis l'indépendance marocaine. Deux systèmes, l'un moderne et généralement dominant, l'autre traditionnel, ancestral et parfois résistant, s'il arrive qu'ils s'opposent, se complètent le plus souvent pour permettre au groupe d'évoluer et de se développer. L'ouvrage est réparti en quatre parties. Dans la première (Les Ghoujdama à l'aube du XXe siècle), l'auteur analyse les fondements de l'organisation sociale et communautaire traditionnelle : les ménages, (où, à la différence des groupes voisins, la polygamie est peu fréquente), la grande famille, les lignages (ddchouras), et la fraction (âdm). La gestion des affaires communautaires et les relations avec l'extérieur figurent parmi les fonctions et les attributions principales des assemblées des ddchouras (Ljmaât).

Dans la deuxième partie (La double domination du Glaoui et du Protectorat ou la déstabilisation du système traditionnel), l'auteur met l'accent sur les nouvelles règles de gestion des populations et de contrôle des territoires introduites par le protectorat français et leurs retombées sur l'organisation interne des houjdama et leur relation avec l'extérieur.

La troisième partie (Du protectorat à l'indépendance ou l'ouverture de la tribu sur l'extérieur) traite des changements apportés par la scolarisation, l'émigration, l'urbanisation et le regroupement de la population; ou ceux ayant touché l'espace rural et les activités agricoles.

Dans la quatrième partie (L'environnement quotidien et la gestion du changement), l'anthropologue qu'est l'auteur détaille l'évolution des manières d'habiter, l'uniformisation de la consommation alimentaire, le maintien de quelques habitudes vestimentaires, de quelques types de parures, ou leur disparition, et enfin les permanences ou les changements dans le domaine des festivités chez les Ghoujdama. » (Notice parue dans Correspondances, bulletin scientifique de l'IRMC)

Préface : Yacine Tassadit


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