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Tragédie de la rue des fleurs (La)par José Maria Eça de Queiroz (
Livre
)
Une étude très naturaliste et tendrement ironique des mœurs de la bourgeoisie de Lisbonne
« Ce roman a été écrit par Eça de Queiroz dans les années 1877-1878 et ne sera pas publié de son vivant, mais quatre-vingts ans après sa mort. Il n'a pas été revu par Eça de Queiroz, et lui a servi de trame et de base (notamment au niveau des personnages) pour d'autres de ses œuvres. Quoique à l'état brut, ce livre est pourtant celui dont Eça disait qu'il était "le meilleur et le plus intéressant". Lui-même décrivait ainsi le thème de l'ouvrage : "Il s'agit d'un inceste involontaire. Quelques amis à qui je communiquai cette idée et une partie de son exécution restèrent impressionnés, encore que légèrement scandalisés. Je ne veux pas dire que c'est immoral. C'est cruel." Ce qui fait la richesse et l’originalité du roman par rapport à un thème qui, lui, est classique, c'est la transposition de cette "tragédie" dans le milieu portugais. On pourrait presque dire, d'ailleurs, que le personnage principal, c'est Lisbonne. Lisbonne omniprésente, avec sa faune, tout ce petit monde lisboète dont les horizons sont dépeints par Eça comme limités et médiocres, mais avec tant de tendresse et d'ironie qu'on peut se demander si, derrière l'apparent dénigrement, ne se cache pas un grand amour pudique pour cette Lisbonne des années 1870. C’est une étude des mœurs de la bourgeoisie de Lisbonne, un roman naturaliste, qui réunit, autour des deux héros vivant une relation incestueuse bien involontaire (ou plus exactement : non consciente), des types caractéristiques, tels que le poète inepte, le militaire anglais, la gouvernante anglaise, des avocats, des domestiques, des brésiliens, tout un petit monde sur lequel Eça se penche avec une verve sarcastique, un sens du dialogue et de la mise en situation qui font de ce livre une œuvre attachante et unique. On peut lire cette "tragédie" comme un roman, l'analyser comme un essai, la savourer comme une tranche de vie, ou la déguster comme le formidable témoignage d'une époque et d'un pays. » (présentation de l’éditeur) « Au théâtre Trindade, on représentait Barbe-Bleue, Le deuxième acte venait de commencer et le chœur des Courtisans se retirait à reculons, en demi-cercle, dos courbés lorsque, dans une loge au-dessus du balcon, à gauche, le grincement rêche d'une serrure rouillée, le bruit d'une chaise traînée, firent lever ici et là quelques regards distraits. Debout, une grande femme défaisait lentement les attaches d'argent d'un long manteau de soie noire doublé de fourrures sombres. (...) Elle fit aussitôt sensation sur le public assoupi. "Les jumelles de théâtre s'en donnèrent à coeur joie", comme disait le poète Roma, auteur estimé des Idylles et Rêveries. Et même, un gros homme qui se trouvait en dessous de sa loge, se retournant dans un brusque mouvement de curiosité, glissa sur une marche du balcon, et tomba : il y eut des rires. » (extrait) ____________________________________________ Si vous commandez ce livre à partir de cette page, BiblioMonde touchera une commission et vous participerez ainsi au financement du site.
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